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dimanche 18 décembre 2011

Le corbeau et le Renard (Jean de la Fontaine) 

 

LE CORBEAU ET LE RENARD.

Maître corbeau, sur un arbre perché,
Tenait en son bec un fromage.
Maître renard, par l'odeur alléché,
Lui tint à peu près ce langage:
"Eh bonjour, Monsieur du Corbeau.
Que vous êtes joli! que vous me semblez beau!
Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois."
A ces mots, le corbeau ne se sent pas de joie;
Et pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bec et laisse tomber sa proie.
Le renard s'en saisit, et dit: "Mon bon monsieur,
Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l'écoute.
Cette leçon vaut bien un fromage sans doute."
Le corbeau, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.

Jean de La Fontaine (1621-1695)

Polycopie pdf >>>


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L’Agrôle et le Rena

En 1850, le bétchio parlève inquère ; v’la c’quo disève :
Un jou d’hivia, quou ne fasève pas trop biau,
L’agrôle ère juchade au bout d’un baliviau
L’ère su daut moutade,
Pa fère son dinâ que l’aye prépara.
Embéi un groua fromage vainhiu de Chambéra
Le rena dépeu treis jous que n’aye pas de pain,
Aussitôt s’appeurché en fasant le câlin.
Eh, bonjou note dame, coumant vous pourtez-vous ?
Hela ! qué sé contint de vous véire chia n’zote !
Et vous trouve si gente embé quo nail mantiau !
Présoune dé le boux n’en pourte un aussi biau !
Votés souliés sont faits d’iune piau qué tant fine,
Et creyes que le ré n’en a pas de parés pindus à sa souline.
Ar sé é vous écouti dire iune chansou
Et cregus, oui ma foué, quou ére le rossignou
Si zère chabretère, par avi voté jeu
E’ doniau, é n’en jure, la méta de ma queue.
L’agrôle qu’ère enchantade de se veire vantade
Pa li douna l’aubade se meté à couana,
Son froumage dévalé dé la gueule do renâ,
Alle resté su-daut le bé bada.
Ma l’autre, li dissé, en migeant son fricot,
Ne si’a don pas si buse un autre co.

1932? Parody of La Fontaine's FC by l'Abbé Forichon with a black-and-white illustration of FC. Néris-les-Bains, France: Edit. Picandet. 50 Francs

lundi 1 novembre 2010

JE SUIS GRAND(E) ! (Caumont)

JE SUIS GRAND(E) !

L'an passé, cela va sans dire,
j'étais petit(e), mais à présent
que je sais compter, lire et écrire,
C'est bien certain que je suis grand(e).

Quand, sur les genoux de ma mère,
On me voyait souvent assis(e),
J'étais petit(e), la chose est claire :
J'avais cinq ans, et j'en ai six !

CAUMONT

vendredi 29 octobre 2010

CARRÉ (Archimède)

 ARCHIMEDE par Domenico Fetti (1620) Musée de Dresde (Allemagne)

CARRÉ

Quatre petits bras serrés
Sur un grand vide tout esseulé.

Je suis fin, je suis pur,
Je suis la plus belle des figures.

Ne cherchez pas à m'aimer,
C'est inutile, je suis carré.

Archimède (287 - 212 av. JC)



jeudi 28 octobre 2010

J'ai mis quatre saisons

J'ai mis quatre saisons
A leur points cardinaux
L'hiver au nord
L'été au sud
Printemps à l'est
A l'ouest l'automne.

Ma cinquième saison
S'appelle le bonheur

LISKA


jeudi 24 décembre 2009

Le corbeau et le Renard (Jean de la Fontaine)

LE CORBEAU ET LE RENARD.

Maître corbeau, sur un arbre perché,
Tenait en son bec un fromage.
Maître renard, par l'odeur alléché,
Lui tint à peu près ce langage:
"Eh bonjour, Monsieur du Corbeau.
Que vous êtes joli! que vous me semblez beau!
Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois."
A ces mots, le corbeau ne se sent pas de joie;
Et pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bec et laisse tomber sa proie.
Le renard s'en saisit, et dit: "Mon bon monsieur,
Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l'écoute.
Cette leçon vaut bien un fromage sans doute."
Le corbeau, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.

Jean de La Fontaine (1621-1695)

mercredi 23 décembre 2009

LA RENONCULE ET L'ŒILLET (BÉRANGER)

LA RENONCULE ET L'ŒILLET

La renoncule un jour dans un bouquet
Avec l'œillet se trouva réunie :
Elle eut le lendemain le parfum de l'œillet.
On ne peut que gagner en bonne compagnie.

Pierre-Jean de BÉRANGER

jeudi 3 décembre 2009

LE PINSON ET LA PIE (Mme de la Férandière)

LE PINSON ET LA PIE

Apprends-moi donc une chanson,
Demandait la bavarde pie
À l'agréable et gai pinson,
Qui chantait au printemps sur l'épine fleurie.

— Allez, vous vous moquez, ma mie ;
À gens de votre espèce, ah ! je gagerais bien
Que jamais on n'apprendra rien !

— Eh quoi ! la raison, je te prie ?

— Mais c'est que, pour s'instruire et savoir bien chanter,
Il faudrait savoir écouter
Et jamais babillard n'écouta de sa vie.

Mme de la FÉRANDIÈRE




SAINT-DIFFICILE (Ernest LAVISSE)

SAINT DIFFICILE

+"Enfant gâté,
Veux-tu du pâté ?
- Non Maman, il est trop salé.

+ Veux-tu du rôti ?
- Non Maman il est trop cuit.

+ Veux-tu de la salade ?
- Non maman elle est trop fade.

+ Veux-tu du pain ?
- Non Maman il ne vaut rien.

+ Enfant gâté,
Tu ne veux rien manger ;
Enfant gâté tu seras fouetté !"

Ernest LAVISSE

(Les récits de Pierre Laloi)




mardi 1 décembre 2009

LITANIE DES ÉCOLIERS (Maurice Carême)

Litanie des Écoliers

Saint Anatole,
Que légers soient les jours d'école !

Saint Amaffait,
Ah! que nos devoirs soient bien faits !

Sainte Cordule,
N'oubliez ni point ni virgule !

Saint Nicodème,
Donnez-nous la clé des problèmes !

Saint Tirelire,
Que grammaire nous fasse rire !

Saint Siméon,
Allongez les récréations !

Saint Espongien,
Effacez tous les mauvais points !

Maurice CARÊME


ODELETTE (Henri de Régnier)


ODELETTE

Un petit roseau m'a suffi
Pour faire frémir l'herbe haute
Et tout le pré
Et les doux saules
Et le ruisseau qui chante aussi ;
Un petit roseau m'a suffi
A faire chanter la forêt.

Henri de RÉGNIER


LES ELFES (Leconte de Lisle)

LES ELFES

Couronnés de thym et de marjolaine,
Les elfes joyeux dansent sur la plaine.

Du sentier des bois aux daims familier,
Sur un noir cheval, sort un chevalier.
Son éperon d'or brille en la nuit brune ;
Et, quand il traverse un rayon de lune,
On voit resplendir, d'un reflet changeant,
Sur sa chevelure son casque d'argent.

Couronnés de thym et de marjolaine,
Les elfes joyeux dansent sur la plaine.

LECONTE DE LISLE
Poèmes Barbare

En chanson >>>



Dessin d'Olivier Rineau

L'ARAIGNEE (Madeleine Ley)

L'ARAIGNEE.

Araignée grise
Araignée d'argent,
Ton échelle exquise
tremble dans le vent.
Toile d'araignée
- émerveillement ! -
Lourde de rosée
Dans le matin blanc.

Ouvrage subtil
Qui frissonne et ploie.
O maison de fil,
Escalier de soie !
Araignée grise,
Araignée d'argent,
Ton échelle exquise
Tremble dans le vent

Madeleine LEY

L'ARAIGNEE ET LE VER A SOIE (Le Bailly)

L'ARAIGNEE ET LE VER A SOIE

L'araignée en ces mots raillait le ver à soie :
"Mon Dieu ! que de lenteur dans tout ce que tu fais !
Vois combien peu de temps j'emploie
A tapisser un mur d'innombrables filets.
- Soit, répondit le ver, mais ta toile est fragile ;
Et puis à quoi sert-elle ? A rien.
Pour moi, mon travail est utile ;
Si je fais peu, je le fais bien."

Antoine-François LE BAILLY

LA NEIGE (Alfred de VIGNY)

LA NEIGE 1

Qu'il est doux, qu'il est doux d'écouter des histoires,
des histoires du temps passé,
Quand la neige est épaisse et charge un sol glacé !
Quand sous le manteau blanc qui vient de le cacher,
L'immobile corbeau sur l'arbre se balance,
Comme la girouette au bout du long clocher !

Alfred de VIGNY



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LA NEIGE 2

Qu'il est doux, qu'il est doux d'écouter des histoires,
des histoires du temps passé,
Quand les branches d'arbres sont noires,
Quand la neige est épaisse et charge un sol glacé !
Quand seul, dans un ciel pâle, un peuplier s'élance,
Quand sous le manteau blanc qui vient de le cacher,
L'immobile corbeau sur l'arbre se balance,
Comme la girouette au bout du long clocher !

Alfred de VIGNY

LA GUENON, LE SINGE ET LA NOIX (Florian)

LA GUENON, LE SINGE ET LA NOIX

Une jeune guenon cueillit
Une noix dans sa coque verte ;
Elle y porte la dent, fait la grimace..."Ah ! certes,
Dit-elle, ma mère me mentit
Quand elle m'assura que les noix étaient bonnes.
Puis croyez aux discours de ces vieilles personnes
Qui trompe la jeunesse ! Au diable soit le fruit ! "
Elle jette la noix. Un singe la ramasse ,
Vite entre deux cailloux la casse ,
l'épluche, la mange et lui dit :
"Votre mère eut raison , ma mie,
Les noix ont fort bon goût ,mais il faut les ouvrir.
Souvenez-vous que dans la vie,
sans un peu de travail on n'a point de plaisir."

L'ÉCUREUIL ET LA FEUILLE (Maurice CARÊME)

L’écureuil et la feuille
Un écureuil, sur la bruyère,
Se lave avec de la lumière.
Une feuille morte descend,
Doucement portée par le vent.
Et le vent balance la feuille
Juste au-dessus de l’écureuil ;
Le vent attend, pour la poser
Légèrement sur la bruyère,
Que l’écureuil soit remonté
Sur le chêne de la clairière
Où il aime à se balancer
Comme une feuille de lumière.
Maurice CARÊME (1899-1978)



LA FERME ENCHANTEE

 
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LA FERME ENCHANTÉE


Voici la maison que Jacques a bâtie.

Voici le blé caché dans la maison que Jacques a bâtie.

Voici le rat qui mangea le blé caché dans la maison que Jacques a bâtie.

Voici le chat qui tua le rat qui mangea le blé caché dans la maison que Jacques a bâtie.

Voici le chien qui mordit le chat qui tua le rat qui mangea le blé caché dans la maison que Jacques a bâtie.

Voici la vache à la corne tordue qui fit peur au chien qui mordit le chat qui tua le rat qui mangea le blé caché dans la maison que Jacques a bâtie.

Voici la servante esseulée qui a trait la vache à la corne tordue qui fit peur au chien qui mordit le chat qui tua le rat qui mangea le blé caché dans la maison que Jacques a bâtie.

Voici le vagabond qui devint l'ami de la servante esseulée qui a trait la vache à la corne tordue qui fit peur au chien qui mordit le chat qui tua le rat qui mangea le blé caché dans la maison que Jacques a bâtie.

Voici le bon Père qui recueillit le vagabond qui devint l'ami de la servante esseulée qui a trait la vache à la corne tordue qui fit peur au chien qui mordit le chat qui tua le rat qui mangea le blé caché dans la maison que Jacques a bâtie.

Voici le coq qui réveilla le bon Père qui recueillit le vagabond qui devint l'ami de la servante esseulée qui a trait la vache à la corne tordue qui fit peur au chien qui mordit le chat qui tua le rat qui mangea le blé caché dans la maison que Jacques a bâtie.

Voici le fermier semant son grain chez qui vivait le coq qui réveilla le bon Père qui recueillit le vagabond qui devint l'ami de la servante esseulée qui a trait la vache à la corne tordue qui fit peur au chien qui mordit le chat qui tua le rat qui mangea le blé caché dans la maison que Jacques a bâtie.

Voici le cheval et le chien et la corne qui appartenaient au fermier semant son grain chez qui vivait le coq qui réveilla le bon Père qui recueillit le vagabond qui devint l'ami de la servante esseulée qui a trait la vache à la corne tordue qui fit peur au chien qui mordit le chat qui tua le rat qui mangea le blé caché dans la maison que Jacques a bâtie.

Édition des deux coqs d'or - 1972
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