jeudi 28 novembre 2024
mercredi 27 novembre 2024
Nicolas BOILEAU
FEUILLE DE ROUTE
Hâtez-vous lentement ; et, sans perdre courage,
vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage :
polissez-le sans cesse et le repolissez ;
ajoutez quelquefois, et souvent effacez.
Nicolas Boileau
L'Art poétique (1674)
vendredi 23 novembre 2018
LE LOUP ET L'AGNEAU
Présentation en classe de cette fable de La Fontaine https://drive.google.com/file/d/1AtTlM_nXK6v4iLvoUPrf80I9M-oJJIn5/view?usp=drive_link
LE LOUP ET L'AGNEAU
La raison du plus fort est toujours la meilleure :
Nous l'allons montrer tout à l'heure.
Un Agneau se désaltérait
Dans le courant d'une onde pure.
Un Loup survient à jeun, qui cherchait aventure,
Et que la faim en ces lieux attirait.
Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?
Dit cet animal plein de rage :
Tu seras châtié de ta témérité.
Sire, répond l'Agneau, que Votre Majesté
Ne se mette pas en colère ;
Mais plutôt qu'elle considère
Que je me vas désaltérant
Dans le courant,
Plus de vingt pas au-dessous d'Elle ;
Et que par conséquent, en aucune façon,
Je ne puis troubler sa boisson.
Tu la troubles, reprit cette bête cruelle,
Et je sais que de moi tu médis l'an passé.
Comment l'aurais-je fait si je n'étais pas né ?
Reprit l'Agneau ; je tette encor ma mère
Si ce n'est toi, c'est donc ton frère.
Je n'en ai point. C'est donc quelqu'un des tiens:
Car vous ne m'épargnez guère,
Vous, vos Bergers et vos Chiens.
On me l'a dit : il faut que je me venge."
Là-dessus, au fond des forêts
Le loup l'emporte et puis le mange,
Sans autre forme de procès.
Jean de La Fontaine (1621 - 1695)
lundi 19 mai 2014
Pour ma mère de Maurice Carême (fête des mères CP)
mercredi 2 octobre 2013
UN MOULIN LENT
Un moulin lent
n’avait pas de vent
le meunier disait
si j’invente le vent
mon moulin lent
gagne du mouvement
Maria Alberta Menéres
Lisbonne 1971
Traduit par
Rosario Duarte da Costa
============
Um moinho lento
Um moinho lento
não tinha vento
E o moleiro dizia
se eu invento o vento
o meu moinho lento
ganha movimento
Maria Alberta Menéres
In Conversa com versos
Lisboa 1971
jeudi 14 février 2013
NUIT de NEIGE (Maupassant)
Nuit de neige
Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.
Mais on entend parfois, comme une morne plainte,
Quelque chien sans abri qui hurle au coin d'un bois.
Plus de chansons dans l'air, sous nos pieds plus de chaumes.
L'hiver s'est abattu sur toute floraison ;
Des arbres dépouillés dressent à l'horizon
Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.
La lune est large et pâle et semble se hâter.
On dirait qu'elle a froid dans le grand ciel austère.
De son morne regard elle parcourt la terre,
Et, voyant tout désert, s'empresse à nous quitter.
Et froids tombent sur nous les rayons qu'elle darde,
Fantastiques lueurs qu'elle s'en va semant ;
Et la neige s'éclaire au loin, sinistrement,
Aux étranges reflets de la clarté blafarde.
Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !
Un vent glacé frissonne et court par les allées ;
Eux, n'ayant plus l'asile ombragé des berceaux,
Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.
Dans les grands arbres nus que couvre le verglas
Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;
De leur oeil inquiet ils regardent la neige,
Attendant jusqu'au jour la nuit qui ne vient pas.
| La pie de Monet (Musée d'Orsay) |
mardi 1 janvier 2013
Mère et enfant
Deux bluets d'un bleu si doux
Que ceux des champs sont jaloux.
Qui devine le mystère ?…»
— L'enfant dit en riant : « Oh ! moi, je m'y connais :
Mes deux yeux sont les deux bluets. »
Une fleur qui sait parler,
Et sourire et m'appeler ;
C'est bien une autre merveille. »
— L'enfant dit en touchant ses lèvres : « M'y voici !
Ta fleur sait l'embrasser aussi.»
Un collier qui n'est pas d'or,
Mais plus précieux encor ;
Mon cou nuit et jour le garde. »
— « Ton collier, dit l'enfant, je ne m'y trompe pas,
Est fait de mes deux petits bras.»
Sans laquelle je mourrais,
Quand même je garderais
Collier, bluets, fleur qui cause.… »
— L'enfant dit, tout ému d'amour et de bonheur :
« Cette fois, mère, c'est mon coeur. »
Les Maternelles
mercredi 21 novembre 2012
MON VILLAGE
mon village, à travers
Les prés verts
Grimpent tes logis en pente;
Un ruisseau bordé d'aubiers,
A tes pieds,
Court dans la sauge et la menthe.
Sous tes auvents de bois brun,
Le parfum
Du vieux temps se garde encore;
On y parle le patois
D'autrefois,
Rude, chantant et sonore.
Sur ta grand'place un tilleul
Verdit seul;
Son ombre abrite l'école
Où sur un rythme traînant,
Bourdonnant,
La voix des enfants s'envole.
Puis la rue en serpentant
Va montant
Vers l'église, qui s'élance
Avec ses clochers moussus,
Au-dessus
Des boulingrins où l'on danse.
L'angélus, trois fois le jour,
A l'entour
Egrène sa sonnerie.
C'est là, depuis des matins
Très lointains,
Qu'on baptise et qu'on marie;
Et c'est là qu'on meurt...
Pressés Et tassés,
Là, nos fils sous l'herbe haute,
Auprès des crânes sans yeux
Des aïeux,
Viendront dormir côte à côte.
Claude-Adhémar-André Theuriet,
né à Marly-le-Roi le 8 octobre 1833 et mort à Bourg-la-Reine le 23 avril 1907, est un poète, romancier et auteur dramatique français.
LE TILLEUL
Au seuil du vieux domaine
S'élève un grand tilleul,
Tout près de la fontaine
Où penche le glaïeul.
Jadis, sous son ombrage,
Des songes m'ont bercé ;
Au souffle de l'orage
Mon rêve s'est effacé ;
Bonheur trop tôt passé.
J'ai dû, sans que personne
Me suive d'un regard,
Partir un soir d'automne,
Dans l'ombre et le hasard.
Jouet du sort rebelle,
La nuit j'entends ces mots
C'est l'arbre qui m'appelle
"Ami, pour guérir tes maux,
Reviens sous mes rameaux."
R DAILHAC
LES MATELOTS
Sur l’eau bleue et profonde
Nous allons voyageant,
Environnant le monde
D’un sillage d’argent,
Des îles de la Sonde,
De l’Inde au ciel brûlé,
Jusqu’au pôle gelé...
Les petites étoiles
Montrent de leur doigt d’or
De quel côté les voiles
Doivent prendre l’essor ;
Sur nos ailes de toiles,
Comme de blancs oiseaux,
Nous effleurons les eaux.
Nous pensons à la terre
Que nous fuyons toujours,
À notre vieille mère,
À nos jeunes amours ;
Mais la vague légère
Avec son doux refrain
Endort notre chagrin.
Théophile GAUTIER (1841)
PETITE MÈRE !
La nuit lorsque je sommeille,
Qui vient se pencher sur moi ?
Qui sourit quand je m'éveille ?
Petite mère c'est toi.
Qui gronde d'une voix tendre,
Si tendre que l'on me voit
Repentant rien qu'à l'entendre ?
Petite mère c'est toi !
Qui pour nous est douce et bonne ?
Aux pauvres ayant faim et froid
Qui m'apprend comment on donne ?
Petite mère c'est toi !
Quand viendra la vieillese,
À mon tour veillant sur toi,
Qui te rendra ta tendresse ?
Petite mère c'est toi !
Sophie HUE
LES AMIS D'ENFANCE
Enfants de la même colline,
Abreuvés du même ruisseau,
Comme deux nids sous l'aubépine,
Près du mienDieu mit ton berceau
De nos toits voisins les fumées,
Se perdaient dans le même ciel,
Et de tes herbes parfumées
Nos abeilles volaient le miel.
Souvent je vis ta douce mère,
De mes prés foulant le chemin,
Te mener, comme un jeune frère
À moi, tout petit, par la main.
Victor HUGO
samedi 31 décembre 2011
À la promenade
A la promenade
Le ciel si pâle et les arbres si grêlesSemblent sourire à nos costumes clairs
Qui vont flottant légers avec des airs
De nonchalance et des mouvements d'ailes.
Et le vent doux ride l'humble bassin,
Et la lueur du soleil qu'atténue
L'ombre des bas tilleuls de l'avenue
Nous parvient bleue et mourante à dessein.
Paul VERLAINE (1844-1896)
dimanche 18 décembre 2011
Le corbeau et le Renard (Jean de la Fontaine)
Maître corbeau, sur un arbre perché,
Tenait en son bec un fromage.
Maître renard, par l'odeur alléché,
Lui tint à peu près ce langage:
"Eh bonjour, Monsieur du Corbeau.
Que vous êtes joli! que vous me semblez beau!
Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois."
A ces mots, le corbeau ne se sent pas de joie;
Et pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bec et laisse tomber sa proie.
Le renard s'en saisit, et dit: "Mon bon monsieur,
Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l'écoute.
Cette leçon vaut bien un fromage sans doute."
Le corbeau, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.
Jean de La Fontaine (1621-1695)
===============================
L’Agrôle et le Rena
En 1850, le bétchio parlève inquère ; v’la c’quo disève :
Un jou d’hivia, quou ne fasève pas trop biau,
L’agrôle ère juchade au bout d’un baliviau
L’ère su daut moutade,
Pa fère son dinâ que l’aye prépara.
Embéi un groua fromage vainhiu de Chambéra
Le rena dépeu treis jous que n’aye pas de pain,
Aussitôt s’appeurché en fasant le câlin.
Eh, bonjou note dame, coumant vous pourtez-vous ?
Hela ! qué sé contint de vous véire chia n’zote !
Et vous trouve si gente embé quo nail mantiau !
Présoune dé le boux n’en pourte un aussi biau !
Votés souliés sont faits d’iune piau qué tant fine,
Et creyes que le ré n’en a pas de parés pindus à sa souline.
Ar sé é vous écouti dire iune chansou
Et cregus, oui ma foué, quou ére le rossignou
Si zère chabretère, par avi voté jeu
E’ doniau, é n’en jure, la méta de ma queue.
L’agrôle qu’ère enchantade de se veire vantade
Pa li douna l’aubade se meté à couana,
Son froumage dévalé dé la gueule do renâ,
Alle resté su-daut le bé bada.
Ma l’autre, li dissé, en migeant son fricot,
Ne si’a don pas si buse un autre co.
1932? Parody of La Fontaine's FC by l'Abbé Forichon with a black-and-white illustration of FC. Néris-les-Bains, France: Edit. Picandet. 50 Francs Épitaphe
Quand au fond du tombeau comme sur ces bruyères
Côte à côte étendus nous nous endormirons
Au chant des cloches mortuaires
Et puissent dans le ciel nos âmes voyager
Comme les sons jumeaux de ces cloches paisibles
Qui s'en vont deux à deux avec le vent léger
Vers les étoiles invisibles
Claude-Adhémar André THEURIET
lundi 21 novembre 2011
Arbre, mon Ami
Devant mon école, tu manques cruellement
Leurs chants mélodieux, les oiseaux vont siffler
Arbre, mon ami, vraiment, je te remercie,
Vive la Rentrée !
La Poule et le Cochon
mercredi 16 mars 2011
LA CHÈVRE DE MONSIEUR SEGUIN (Alphonse DAUDET)
LA CHÈVRE DE MONSIEUR SEGUIN
Ah ! qu'elle était jolie, la petite chèvre de M. Séguin ! qu'elle était jolie avec ses yeux doux, sa barbiche de sous-officier, ses sabots noirs et luisants, ses cornes zébrées et ses longs poils blancs qui lui faisaient une houppelande ! et puis, docile, caressante, se laissant traire sans bouger, sans mettre son pied dans l'écuelle. Un amour de petite chèvre...Alphonse DAUDET
LA CHÈVRE DE M. SEGUIN (suite)
Quand Blanquette arriva dans la montagne, ce fut un ravissement général. Jamais les vieux sapins n'avaient rien vu d'aussi joli. On la reçut comme une petite reine. Les châtaigniers se baissaient jusqu'à terre pour la caresser du bout de leurs branches. Les genêts d'or s'ouvraient sur son passage, et sentaient bon tant qu'ils pouvaient. Toute la montagne lui fit fête.
Alphonse DAUDET


